En France, il est possible de consulter un kinésithérapeute en accès direct, c’est-à-dire sans prescription médicale. Cette évolution, issue de la loi du 19 mai 2023 portant amélioration de l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé (dite loi Rist 2), répond à un besoin concret : simplifier le parcours de soins dans un contexte de pénurie de médecins. Mais attention, cela ne s’applique pas partout ni sans conditions.

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Chez quel kinésithérapeute peut-on aller sans ordonnance ?
Tout dépend du lieu d’exercice du kinésithérapeute. Depuis 2023, l’accès direct est possible lorsque le praticien exerce dans l’une des structures suivantes :
- Les établissements de santé public ou privé (hôpitaux, cliniques…) et les établissements médico-sociaux (EHPAD…) ;
- Les structures d’exercice coordonné : maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), centres de santé (CDS), équipes de soins primaires (ESP) ou équipes de soins spécialisées (ESS).
Dans les CPTS : une expérimentation en cours
Un deuxième dispositif concerne les kinésithérapeutes membres d’une Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Depuis la parution au Journal officiel du décret du 27 juin 2024 et de l’arrêté du 6 juin 2025, une expérimentation de cinq ans autorise les kinésithérapeutes à pratiquer l’accès direct dans 20 départements : Aude, Deux-Sèvres, Côtes-d’Armor, Gers, Haute-Corse, Haut-Rhin, Isère, Loiret, Martinique, Mayotte, Meurthe-et-Moselle, Nord, Réunion, Rhône, Seine-Maritime, Tarn, Var, Vendée, Yonne et Yvelines.
Pour y participer, le kinésithérapeute dont le lieu d’exercice est situé dans l’un de ces départements doit simplement en faire la déclaration auprès de l’Agence régionale de santé (ARS). La liste des praticiens autorisés est publiée sur le site de l’ARS de chaque département concerné. Les kinésithérapeutes peuvent rejoindre l’expérimentation jusqu’à six mois avant son terme.
Combien de séances ?
Lorsqu’un diagnostic médical a déjà été posé, comme pour les maladies chroniques ou les affections de longue durée, aucune limite de séance n’est imposée. C’est le kinésithérapeute qui détermine les modalités de la prise en charge.
Sans diagnostic médical préalable, en revanche, le nombre de séances pouvant être réalisées par le kinésithérapeute est limité à huit par patient. Au-delà, le kinésithérapeute a l’obligation de réorienter le patient vers un médecin. Plus largement, le kinésithérapeute doit orienter le patient vers son médecin traitant – ou, à défaut, tout autre médecin – dès lors qu’un diagnostic ou un avis médical s’avère nécessaire.
Quel remboursement pour le patient ?
Conformément à l’accord conclu entre les organisations professionnelles de kinésithérapeutes et l’Assurance Maladie, les actes réalisés en accès direct sont remboursés dans les mêmes conditions que ceux effectués sur ordonnance.
Quelles obligations pour le kinésithérapeute ?
L’accès direct ne dispense pas le professionnel de ses responsabilités. Le kinésithérapeute est ainsi tenu de :
- Rédiger un bilan initial ainsi qu’un compte rendu des soins, transmis au médecin traitant et au patient ;
- Inscrire ces documents dans le Dossier Médical Partagé (DMP) du patient.